La France balayée par la tempête Xynthia
La tempête qui a traversé la France les 27-28 février a tué 53 personnes.
Société 01/03/2010 à 13h22
Après la tempête, comment se faire indemniser
PRATIQUE
Quelles sont les règles en matière d'indemnisation ? Que faut-il faire après un sinistre ? A combien peut-on espérer être dédommagé ? Les réponses.
A La Faute-sur-Mer, après la tempête le 28 février 2010. (AFP Frank Perry)
Nicolas Sarkozy a annoncé ce matin trois millions d'euros pour les victimes de la tempête. Et la publication de l'arrêté de «catastrophe naturelle» dès mardi, sésame pour être indemnisé. Quelles sont les règles en matière d'indemnisation ?
La première chose à faire
Après un sinistre, il faut d'abord trouver les différents contrats d'assurance (habitation, entreprise, véhicule...). Soit dans vos papiers (si vous y avez accès), soit en appelant votre compagnie d'assurance. Pensez aussi à toutes les options éventuelles que vous auriez souscrites, comme les garanties pour les objets précieux (type «risque bijoux», «risque fourrure», «assurance œuvre d'art», etc.)
Déclarer le sinistre
Il faut ensuite contacter votre compagnie d'assurance, par lettre recommandée de préférence ou en faisant le déplacement. Pour établir la demande d'indemnisation, il est important de fournir le plus d'éléments possibles. A savoir :
- Un descriptif des dommages subis en précisant leur nature. «En effet, un même événement climatique peut être classé pour partie seulement en catastrophe naturelle. Par exemple, les inondations seront classées en catastrophe naturelle, alors que les dommages causés par les effets du vent relèveront de la garantie Tempête», explique la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA)
- La liste des objets perdus ou endommagés. Et dans la mesure du possible, les factures (d'achat ou de réparation), les garanties... Ou toutes preuves de la valeur du bien. Des photos, par exemple.
Ne perdez pas de temps
En théorie, vous disposez de 10 jours ouvrés à compter de la publication de l'arrêté de catastrophe naturelle au Journal officiel pour déclarer le sinistre. Et de 5 jours pour les dommages relevant de la garantie «Tempêtes».
En pratique, un délai supplémentaire est parfois accordé, pour permettre aux propriétaires de maison secondaire de faire les démarches.
Faut-il attendre le passage de l'expert?
Pas pour ce qu'on appelle «les mesures conservatoires», comme bâcher le toit, vider l'eau ou sauver les meubles. Il est cependant conseillé de prendre un maximum de photos des dégâts, à présenter ensuite à l'expert.
En revanche, il ne faut pas commencer de travaux (reconstruire un mur, changer la chaudière...) avant le passage de l'expert. En principe, il doit passer le plus rapidement possible après le sinistre. «On ne peut pas dire au bout de combien temps... Tous sont mobilisés, on fait au plus vite», répond la FFSA.
Au bout de combien de temps est-on indemnisé?
La règle, en principe: trois mois maximum à compter du passage de l'expert. Mais, ce matin, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé avoir demandé «la mise en place d'un plan d'urgence comme pour la tempête dans les Landes» (la tempête Klaus, le 24 janvier 2009), «avec un système d'indemnisation forfaitaire rapide pour les dégâts inférieurs à un certain montant».
A quoi sert «l'état de catastrophe naturelle»?
On l'a dit , il faut distinguer deux risques et donc deux régimes d'indemnisation.
Pour le risque «Tempête» : tous les contrats d'habitation (sans exception) contiennent une garantie «tempête» qui couvre tous les dommages causés par le vent (chute d'arbre, toit endommagé ou arraché, mobilier détérioré par la pluie suite à un dommage de toiture, etc.). Pas besoin donc de la déclaration de catastrophe naturelle pour être indemnisé.
En revanche, pour le risque «inondation» : il faut que la commune soit décrétée en situation de «catastrophe naturelle» pour être indemnisé. Dans ce cas seulement, la société d'assurance est tenue de prendre en charge les dégâts matériels.
A quelle hauteur peut-on espérer être indemnisé ?
L'assurance catastrophe naturelle couvre les biens pris en charge au titre de la garantie principale du contrat multirisques, c'est-à-dire les bâtiments, le mobilier et le matériel. La cave est automatiquement assurée avec la maison. Pour la véranda, piscine ou clôture en dur, il faut vérifier qu'ils soient mentionnés dans le contrat. En revanche, les terrains, arbres et plantations sont généralement exclus. Le remboursement des dégâts aux bâtiments est basé sur la valeur de reconstruction.
Le mobilier est assuré dans les mêmes termes que pour un incendie. Certains contrats prévoient des remboursements en valeur à neuf, d'autres appliquent des coefficients de vétusté. Il reste toujours une franchise, c'est-à-dire une somme d'argent à la charge des assurés. La franchise varie suivant les contrats, reste en principe inférieure à 380 euros pour les biens à usage privé.
A savoir : les frais de pompage, de nettoyage et de désinfection des locaux sont garantis ainsi que les dommages imputables à l'humidité ou à la condensation consécutive à la stagnation de l'eau dans les locaux.
Seuls certains contrats d'assurance prennent en charge les frais de relogement ou de gardiennage (appelé aussi «frais de garantie assistance»)
Les règles spécifiques pour les véhicules
Les véhicules assurés au tiers, c'est-à-dire uniquement en responsabilité civile, ne bénéficient pas de l'assurance catastrophe naturelle. En revanche, vous êtes couverts par l'assurance tous risques, ou par l'assurance dommages (en général l'assurance incendie). La franchise s'élève à 380 euros environ.
Les règles spécifiques pour les biens professionnels
Préparez l'attestation de propriété ou le contrat de location (pour les dommages immobiliers), un extrait du registre de commerce, les bilans et comptes de résultat des dernières années avec détail des comptes de charges et produits, le chiffre d'affaires de l'exercice en cours et des trois précédents (si vous avez souscrit une garantie perte d'exploitation ou un contrat de leasing).
En moyenne, la franchise s'élève à 10 % du montant des dommages avec un minimum de 1140 euros pour les biens à usage professionnel (entreprise, commerce, ...). Et 3 jours ouvrés avec un minimum de 1140 euros pour la garantie pertes d'exploitation.
Plus d'infos sur le site de la Fédération française des sociétés d'assurances
A lire aussi
Digues, urbanisme : la polémique
La tempête repose la question des constructions en zone inondable.

Toujours un demi-million de foyers sans électricité
La carte du passage mortel de Xynthia
Vos commentaires
7 commentaires affichés.
- Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
charly34 (40)
- ce n'est pas une catastrophe naturelle
- Je ne comprends vraiment pas l'attitude de nos politiques et de nos citoyens pour défier la nature. ce qui s'est passé en Vendée n'est pas une catastrophe naturelle, mais une catastrophe provoquée par l'homme. Ces zones inondées étaient des zones aquatiques…
- Mardi 02 mars à 10h20
- Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
allezlom (1347)
- La région la plus touchée
- n'abrite-t-elle pas la grande majorité des mutuelles et autres compagnies d'assurance (Niort par exemple). Alors il n'y a pas de raison que ça se passe mal sauf si, bien entendu, tous les ordinateurs et tous les bacj-up sont out of order.
- Lundi 01 mars à 21h26
- Inscrit Libé +Profil
fenouil (397)
- Comment se faire indemniser ?
- C'est simple.. en trichant... Autrement ce sera peau de balle...
- Lundi 01 mars à 20h29
- Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
pomme29 (354)
- la tempete
- ils sont toujours trop nombreux, les sinistrés, mais il me semble que leur nombre n'est pas en rapport, avec celui des nombreuses habitations, envahies par les eaux. Peut-être que ces dernieres, sont des maisons de vacances noirdesir
- Lundi 01 mars à 17h34
- Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
juanyves (36)
- Encore le pognon
- Tout dégringole, c'est la chienlit qui s'installe, grâce à la course absurde au pognon et la seule chose qui intéresse les gens c'est comment ils vont pouvoir récupérer leur pognon. Déplorable. Ne serait il pas temps de se poser les vrais questions…
- Lundi 01 mars à 17h22
- Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
benoitb (1901)
- Ouais !
- Non seulement ils ont tout perdu, mais en plus ils doivent courir pour faire des démarches, se rappeler de tout ce qu'ils avaient sachant que l'expert ne passe que s'ils ont fait ce boulot (par lettre recommandée s'il vous plait, c'est sur que quand on a plus rien on pense à…
- Lundi 01 mars à 16h29
À la une de libération.fr
Monde
Rama Yade : «Sakineh, votre visage est maintenant tatoué dans nos consciences»
- POUR MÉMOIRE Sakineh : le fouet en plus des pierres
- POUR MÉMOIRE L’âge de pierre de la justice iranienne
- DOSSIER Sauvons Sakineh !
Politiques
Retraites: vers des améliorations pour les carrières longues et la pénibilité
Sarkozy a en revanche répété qu’il n’était «pas question» de revenir sur l’âge de départ à 62 ans.
Médias
Télécharger gratuitement «Libération» au format numérique
- REVUE DE PRESSE La presse imagine Sarkozy inflexible...
- EDITORIAL Succès
Articles les +
- 1. Entre 1,1 million et 2,7 millions de manifestants
- 2. Un médecin finlandais téteur de sein devant la Cour suprême
- 3. Equipe de France ou d'Espagne, Zidane décidera pour son fils
- 4. Deux TGV sur cinq, pas de RER B
- 5. Sarkozy, Google et le «trou du cul»
- 6. La gouverneur de l'Arizona laisse l'audience sans voix
- 7. Sakineh : le fouet en plus des pierres
- 8. Thibault-Woerth: après les défilés, drôle de chassé-croisé à la télé
- 9. Le licenciement de Domenech, une procédure bancale
- 10. Les mineurs chiliens perdent patience
Rencontres serieuses
newsletter
DESIGN TENDANCE
Objets design à prix fabricant sur liberation.myfab.com:
8€ offert sur votre premier achat grâce à notre partenaire myfab.com
MODE & DESIGN
yoox.com - La boutique en ligne préférée des passionnés de Design et de Mode
CHAUSSURES :
Sandales - Giuseppe Zanotti
YOOXYGEN :
Pandora Design
Ensemble Apéritif
Livraison rapide par UPS,
paiement sécurisé.






sur le sujet



